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Golden Globe Race 2018 : VDH navigue à 1300 milles du Cap Horn "en mode sans échec"

mercredi 14 novembre 2018Redaction SSS [Source RP]

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Jean-Luc Van Den Heede devra peut-être se battre pour gagner son passage du cap Horn. Le leader français qui bataille avec un mât endommagé sur son Rustler 36 Matmut après le chavirage du voilier lors d’une tempête la semaine dernière, pourrait devoir faire face à du gros temps ce week-end dans le sud du Pacifique, et encore davantage à l’approche du cap.

Le vétéran de 73 ans se trouve maintenant à moins de 1 300 milles du Horn, accélérant à 5,3 nœuds. Il a "réparé" les dommages subis par le gréement en grimpant au mât à 4 reprises pour effectuer un brelage en renforçant la fixation des bas haubans et pour solidifier l’ensemble au niveau du point de capelage.

Dans une conversation radio diffusée sur le réseau des radio-amateurs, la semaine dernière, Van Den Heede a parlé de son chavirage, qui s’avère désormais être un enfournement suivi d’un retournement beaucoup plus sérieux. Expliquant sa décision de poursuivre la course plutôt que de se rendre à Valparíso, au Chili, pour effectuer des réparations, Jean-Luc a déclaré :

"J’ai eu amplement le temps de réfléchir à ma situation pendant ces quatre jours de tempête (220 milles perdus vers le nord). Mon mât est maintenant extrêmement précaire à cause de mon chavirement. Si je m’arrête pour faire une réparation, ce ne sera que temporaire. Pour que Matmut continue à naviguer, il lui faudrait plus ou moins changer de mât. J’ai donc décidé, pour sauver mon âme (dixit Moitessier), de continuer ma route sans escale et de me diriger vers les Sables d’Olonne.

Dès que la mer le permettra, je monterai au mât pour le sécuriser au mieux avec ce que je peux utiliser à bord. Si je démâte, j’ai comme tous les concurrents, une gréement de fortune prêt à l’emploi qui me permettra d’atteindre un port. Je ne suis plus en mode course mais en mode sans échec. Ce n’est pas la première fois que je vais tenter de ramener à la maison un bateau endommagé. Et si par miracle j’arrive aux Sables d’Olonne, je me fiche de ce classement, au moins j’aurai essayé. Je croise les doigts et remercie tous ceux qui m’aident dans cette aventure Aventure  ».

Lors d’un appel sécuritaire hier à la Direction de course aux Sables d’Olonne, Jean-Luc a expliqué plus en détail ce qui s’était passé à Don McIntyre.

« Il ne s’est pas fait couché comme nous l’avions d’abord perçu, mais il a enfourné. Il s’était déjà préparé au pire, après avoir vissé des lattes du plancher, rangé solidement des objets en vrac et fermé la trappe de descente. Il était dans sa couchette et sa tactique pour faire face à la tempête consistait à permettre au bateau de naviguer librement au portant avec 6 mètres carrés de voile d’avant et aucun leste à l’arrière, barré par son régulateur d’allure Hydrovane. Soudain, le bateau a été comme soulevé par une énorme vague, et la proue s’est enfoncée dans les vagues. Le bateau s’est retourné d’un bout à l’autre avant de rouler sur le côté. Jean-Luc dit qu’il a été éjecté de sa couchette et a fini collé au plafond, entouré de toutes sortes d’équipements. Un peu d’eau est entré dans la cabine et tout a été projeté dans tous les sens. C’était un désordre complet, et une semaine plus tard, il cherche encore certaines choses."

« Les marins du monde entier débattent de la question de savoir comment se préparer aux grandes tempêtes et les marins de la GGR sont surveillés de près pour ce qu’ils font », observe Don Mcintyre. « Certains pensent que traîner des chaînes est ce qu’il y a de mieux, d’autres que les ancres flottantes sont plus efficaces, et quelques-uns pensent que se mettre à la cape est la meilleure solution. Nombreux sont ceux qui pensent que foncer dans la tempête sans ses systèmes de freinage entraîne le risque de se faire coucher ou pire d’enfourner par l’avant. L’expérience de JLVDH va certainement relancer le débat. Robin Knox-Johnston a découvert que Suhaili, avec son arrière en forme d’étrave, se comportait mieux lorsque des chaînes étaient à la traîne. De son côté, Bernard Moitessier laissait son Joshua, un peu plus grand, courir librement dans les tempêtes.

Depuis, J-LVDH est grimpé au mât à quatre reprises pour inspecter les dommages et effectuer les réparations. Les dommages sont centrés autour de l’axe des plaques qui fixent le point de capelage des bas haubans au mât juste en dessous du premier étage de barre de flêche. Il est aussi grimpé jusqu’au deuxième étage de barre de flêche pour vérifier s’il y avait des dégâts et n’en a heureusement trouvé aucun apparent. Il a réussi à retendre la partie inférieure du gréement et à re-régler son mât. Il est maintenant convaincu que c’est sécurisé en vent arrière. Sa préoccupation est lorsque le vent souffle en avant du mât. Il dit qu’il ne peut pas laisser le bateau taper trop durement dans les vagues et qu’il devra lever le pied pour éviter de nouveaux dommages au mât.

La tempête qui approche devrait entraîner des vents de nord-ouest qui permettront à Jean-Luc de naviguer au portant avec le vent et les vagues.

À la deuxième place, Mark Slats, qui navigue à bord du Rustler 36 Ohpen Maverick, a gagné plus de 500 milles sur Van Den Heede la semaine dernière, et se trouve maintenant à moins de 1 500 milles du leader. Slats devrait naviguer avec une moyenne d’un 1 noeud de plus que Matmut sur la distance restante pour prendre la tête à l’arrivée. À 08h00 UTC aujourd’hui, Ophen Maverick montre une moyenne de 5,7 nœuds contre 5,3 nœuds pour Matmut.

Plus loin dans le milieu de la flotte, l’Estonien Uku Randmaa, 3e, navigue à bord d’un autre Ruster 36, One and All, et le Finlandais Tapio Lehtinen, 6e, à bord du Gaia 36 Asteria, ont tous deux profité du calme inhabituel pour plonger sous la coque et nettoyer les bernacles qui ralentissent leurs voiliers. Pour Randmaa, la pression de plonger dans des conditions presque glaciales est montée car Susie Goodall, 4e, naviguant sur DHL Starlight a réduit l’écart. Pour Lehtinen, la motivation est celle de rattraper Istvan Kopar, l’Américano-Hongrois 6e, qui, après avoir navigué jusqu’à mi-parcours, a toujours du mal à faire fonctionner son régulateur d’allure de manière efficace.

À l’arrière de la flotte, l’Australien Mark Sinclair navigue sur le Lello 34 Coconut, à l’endroit où le Français Loïc Lepage a sabordé son voilier Laaland il y a trois semaines. Il n’a plus que 45 litres d’eau à bord et pense devoir s’arrêter à Hobart, ce qui le relèguerait en catégorie Chichester. Le Russe Igor Zaretskiy se bat pour rompre avec ce calme et à gagné 0,5 nœud de moyenne aujourd’hui. Dans un message à son équipe, Igor, dont l’Endurance 35 Esmeralda est également assaillie par des bernacles, déclare avec optimisme :

“Je suis en route pour la Tasmanie. J’avais l’intention de jeter l’ancre près de St Paul et d’essayer de nettoyer les bernacles. Mais il m’a été interdit de le faire. Eh bien, au mieux, il faudrait une semaine pour nettoyer tous ces crustacés. Maintenant, j’ai une houle de 2 m avec presque pas de vent, en direction du nord-est, attendant que le système de haute pression passe au-dessus de moi. Je n’ai pas pu faire mon point au sextant depuis quelques jours, pas de soleil. Quoi d’autre. Un tas de déchets dans le coin de la cuisine que je dois rapporter aux Sables. Je ne sais pas où les stocker. Pour l’instant, il suffit de trier et d’emballer les déchets. J’ai appris avec tristesse hier que Jean-Luc avait le mât endommagé. Cela peut arriver à tout le monde ici à tout moment. Juste au moment où je cours vers le nord pour échapper à de cette tempête. Si j’étais resté là, je serais peut-être bien plus avancé sur le parcours maintenant. Depuis, je n’ai plus de vent. J’expérimente maintenant les conseils qui m’ont été donnés pour combattre les bernacles. Serrer la corde sur la coque de la poupe à la l’étrave. Je suis maintenant en attente de résultats. Aucun jusqu’à présent. Ca glisse sur ces parasites sans les enlever. Peut-être que ce devrait être un câble d’acier, je ne sais pas. La situation est un peu déprimante pour le moment. Je suis très occupé par les tâches ménagères, la couture et ainsi de suite. Beaucoup de cordages travaillent en permanence avec le gréement actuel, et il y a de l’usure ici et là. J’espère que le système de haute pression passera et que je pourrai descendre à 40S”.


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- Cartographie : www.goldengloberace.com/livetracker/

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