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#RdR2018

Jean-Marie Patier : "Tout était à refaire, le bateau avait été pillé et il partait à la casse"

vendredi 19 octobre 2018Redaction SSS [Source RP]

Dans un peu plus de deux semaines, le 4 novembre à Saint-Malo, Jean-Marie Patier prendra le départ de sa première Route du Rhum dans la catégorie Rhum Mono. Pour ce grand défi en solitaire, ce skipper/entrepreneur a sauvé et entièrement restauré « Le Cigare Rouge », un voilier rassurant, élégant et historique, mis à l’eau en 1991 pour Jean-Luc Van Den Heede. Présentation d’un bateau emblématique qui a notamment bouclé cinq tours du monde (dont quatre Vendée Globe) et participé à deux reprises à la Route du Rhum.

C’est en raison de sa couleur, de sa longueur (18 mètres) et de son étroitesse (3,76 mètres) que ce joli voilier a hérité dès son lancement du surnom de « Cigare Rouge ». Il s’agit du dernier plan dessiné par l’architecte Philippe Harlé (avec Alain Mortain), construit au chantier CDK et mis à l’eau en 1991. A son bord, Jean-Luc Van Den Heede a terminé à la 2e place du Vendée Globe en 1992-1993, après 116 jours de course. Ce voilier a bouclé quatre autres tours du monde, à commencer par le BOC Challenge en 1994-1995 avec Van Den Heede (3e), puis trois nouveaux Vendée Globe.

En 1996-1997, après 140 jours de mer, Catherine Chabaud a terminé à la 6e place, devenant passage la première femme à terminer une course autour du monde en solitaire et sans escale. Quatre ans plus tard, c’est Joé Seeten qui a mené le Cigare Rouge sur le Vendée Globe (115 jours). Pour l’édition 2004-2005, la navigatrice Karen Leibovici a réalisé l’exploit à son tour. Son temps de course : 126 jours.

Le Cigare Rouge a aussi terminé deux fois la Route du Rhum, avec Jean-Luc Van Den Heede en 1998 (2e place en monocoque) et Patrick Favre dans la redoutable édition 2002.

Une renaissance

A partir de 2005, ce voilier emblématique a malheureusement vécu un long moment d’abandon à La Rochelle. Ce n’est qu’en juin 2017 qu’il a été acheté aux enchères par Jean-Marie Patier, qui l’a récupéré à l’état d’épave.

« Le bateau était en train de pourrir, tout était à refaire. Il a fallu l’expertiser pour voir s’il pouvait être sauvé », raconte Jean-Marie Patier.

S’en est suivi un grand chantier d’une durée d’un an, à La Rochelle puis à Caen (au chantier V1D2).

« Tout était à refaire, le bateau avait été pillé et il partait à la casse. Mis à part la coque, les deux mâts et le pont, il ne restait plus rien. Pour mener à bien le projet de restauration, il fallait beaucoup de volonté et un peu de chance, sans compter l’intervention déterminante et la disponibilité du cabinet Lombard dans le refit du bateau ».

Les travaux entrepris ont été conséquents avec l’installation d’une dérive, d’une quille et d’un safran, une remise à neuf de l’accastillage, de l’électronique, de l’électricité et du moteur, des voiles neuves, un allégement général, l’abaissement du centre de gravité… Le Cigare Rouge a été remis à l’eau en juin dernier, en ayant retrouvé une fière allure.

Une restauration de bon sens

Pour remettre à flot le Cigare Rouge, Jean-Marie Patier souhaitait à la fois rester fidèle à l’état d’origine du bateau et s’inscrire dans une démarche durable.

« Ce voilier a toujours été rouge et il était évident de conserver cette identité visuelle. Je constate que de nombreuses personnes identifient le Cigare Rouge et sont heureuses de le revoir naviguer. Nous avons entrepris une restauration de bon sens en faisant de la récupération de matériel dans différents chantiers. Nous avons par exemple installé la quille de l’ancien Foncia de Michel Desjoyeaux (un plan Farr mis à l’eau en 2007, NDR). Nous voulions que ce bateau ‘recyclé’ poursuive sa vie. Nous avons essayé de le rendre plus performant, de le faire progresser techniquement. »

Avec son style inimitable, ce monocoque sera pour la troisième fois au départ de la plus prestigieuse des transatlantiques en solitaire, entre les mains d’un passionné soucieux d’en prendre soin et de le mener à bon port à Pointe-à-Pitre.

- Info presse Mer & Media



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