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Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

Edito

Transat Jacques Vabre 2021 : Tu ramèneras ton mât, cassé, au port

vendredi 12 novembre 2021Christophe Guigueno

Casser un espar fait partie du lot d’un sport mécanique comme la course au large. Les mâts en carbone peuvent tomber, sur une faute de l’équipage, une erreur de construction ou une raison inexpliquée. Skippers comme sponsors savent que cela peut arriver un jour. Tant qu’il n’y a pas de blessé à bord, pas de quoi se victimiser et pleurer au traumatisme. C’est un aléa de la course. Reste à tout ramener au port.

La course au large a changé. Autrefois vendant du rêve et de l’aventure Aventure propulsés à la seule force du vent, marins et leurs partenaires assument désormais ce sport mécanique high-tech avec des machines construites en carbone et résine époxy. Comme les voitures électriques du nouveau marché automobile, le bilan environnemental est quasi parfait à la pratique… mais pas à la construction.

Alors quand un duo de la Transat Jacques comme casse son mât comme cela vient d’arriver à Louis Burton et Davy Beaudart, il est bon de voir que les deux marins ont tout fait pour récupérer les voiles et les morceaux du mât de leur Bureau Vallée 2 estropié. Il s’agissait pour les deux hommes de ne pas perdre les voiles, de ne pas laisser dériver d’éléments du gréement possiblement dangereux pour les autres bateaux arrivants sur zone (en particulier les foilers qui ratissent large) et, enfin, de pouvoir étudier sur la terre ferme les causes de la casse du mât.

Une autre bonne raison de ramener le mât au port ? Ne pas laisser des dizaines, voire des centaines de kilogrammes de carbone résiné pourrir au fond de la Manche et se transformer en micro-plastiques pendant des décennies ou plus.

Bravo donc à l’équipage de Bureau Vallée d’être rentré au port avec son mât cassé et ses voiles.

Lors du dernier Vendée Globe, un bateau a entièrement coulé, un autre a laissé son gréement en Atlantique. Ils vont se désagréger petit à petit pendant de longues années. Cela nous rappelle que si la voile est un sport « propre », il n’est pas toujours exemplaire. Heureusement, de nombreux acteurs y travaillent avec des initiatives sur comme la recherche sur des matériaux bio-dégradables, le recyclage et la diminution de l’usage de matériaux fossiles.

Emirates Team New Zealand, le détenteur et organisateur de la Coupe de l’America, travaille en ce moment sur des tenders propulsés par des moteurs à hydrogène. L’équipe de Spindrift veut s’attaquer au Trophée Jules Verne sans moteur à combustion. C’est bien. Restera à ne pas dépenser en à bord des bateaux accompagnateurs, à l’arrivée comme au départ, autant de combustible que sur un tour du monde…



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