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Sébastien Magnen : “autoriser les mâts carbone en mini serait une belle c…”

lundi 10 décembre 2001Christophe Guigueno

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Lors de l’assemblée générale de la Classe Mini qui s’est tenue samedi dernier, les membres de la classe (les coureurs) ont choisi de voter sur la possibilité d’autoriser les mâts en carbone en mini. Ils ont voté majoritairement en faveur de ce changement éventuel. Mais cela n’implique pas encore de modification dans la jauge. Le débat est ouvert mais pourrait se concrétiser un jour.

Pour en savoir plus, SeaSailSurf.com a demandé à quelques architectes, constructeurs, coureurs de donner leur avis sur la question. Premier à répondre : Sébastien Magnen, coureur vainqueur des Mini-Transat 1997 et 1999, architecte naval vainqueur de l’édition 2001. Mail interview :

1. Quel est l’intérêt principal d’autoriser les prototypes d’utiliser un mât en carbone plutôt qu’un mât en aluminium ?
- A ton avis, pourquoi les prototypes de régate, de course au large, monocoque et multicoques, utilisent-ils des mâts carbone... pour gagner du poids ! En plus, là ou c’est important, c’est à dire le haut. On peut ainsi réduire le tangage et diminuer le poids dans la quille à raideur à la toile équivalente.

2. Quel surcoût cela va occasionner par rapport à un espar en aluminium classique ?
- Aux alentours de 50 000 F, ce qui représente presque 10% du prix du bateau. Un proto coûte 500 000 F si on le fait fabriquer par un chantier. Aux alentours de 25 000 F si on le fait soit même soit aussi 10% du budget de construction d’un constructeur amateur... et beaucoup de temps.

3. Est-il possible pour un skipper de fabriquer lui-même son propre mât en carbone ?
- Oui au même titre qu’il peut fabriquer son mât alu ou son bateau en carbone, cela dépend des talents de chacun, un tube alu coûte aujourd’hui 2700 F T.T.C. (tube Italien AMCO), un tube carbone nu coûterait aux environs de 12 000 F T.T.C..

Mon avis là dessus, c’est que il n’y a pas tant de coureur que cela qui font leurs mâts eux-mêmes. Il y a peu de coureurs qui font le composite eux même. Autoriser les mâts carbone n’apporterait pas plus de fiabilité car on gardera les mêmes coefficients de sécurité que sur les mâts alu, on va juste en diminuer l’échantillonnage donc le poids.

Par contre, les coureurs ayant les moyens (50 000 F ce n’est pas négligeable dans un budget mini) vont avoir un gain en performances certain par rapport a ceux qui ne peuvent s’acheter qu’un mât alu. Cette constatation ne tient pas pour les coques carbone comparées aux coques verre. L’avantage d’utiliser du carbone dans la plate-forme reste faible, il s’agit plutôt d’un phénomène de mode qui donne une bonne valeur à la revente au bateau.

Quant aux voiles de quille, l’intérêt n’est pas négligeable mais reste limité par le test de redressement aux grands angles où 80% du poids gagné dans le voile doit être ajouté dans le bulbe.

En cela, la jauge telle qu’elle a été faite en 1994 est réellement cohérente au programme des bateaux et à la population de la classe mini. Je suis persuadé qu’autoriser les mâts carbone en mini serait une belle c…


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