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Le Blog de Pipof

Que cette "Route du Silence" soit la dernière !

jeudi 22 septembre 2005Christophe Guigueno

On connaissait le "Monde du Silence" de Jacques-Yves Cousteau, la "Route du Rhum " de Michel Etévenon, voici… la "Route du Silence" ! Et cela fait 28 ans que cela dure… Las. La Transat 650, la course qui possède le plus beau plateau du monde de la course au large est écrasée sous un complet silence radio.

La Transat 650, née Mini-Transat , a été lancée en 1977. A l’époque Bob Salmon, son inventeur, voulait jauger un voilier en le laissant tomber d’un quai. Lâché d’une grue, s’il arrivait intact deux ou trois mètres plus bas, c’est qu’il était assez solide pour traverser l’Atlantique avec un seul homme à sa barre. Aujourd’hui heureusement, la jauge est parfaitement contrôlée et maîtrisée par les bénévoles de la Classe Mini.

A l’époque, les voiliers étaient des bateaux de chantier (on ne dira pas de série) qui étaient adaptés à la navigation en solitaire au large. Daniel Gilard avait remporté la première édition sur un Serpentaire, un plan de Bernard Veys. Aujourd’hui, on a deux catégories avec les prototypes et les bateaux de série construits à au moins dix exemplaires par des chantiers navals.

A l’époque, les minis étaient construits en bois ou en fibre de verre. Ils sont désormais construits entièrement en carbone pour les prototypes et, depuis l’an passé, les mâts en carbone sont eux-aussi autorisés.

A l’époque, les skippers barraient ou disposaient d’un régulateur d’allure. Aujourd’hui, les solitaires peuvent faire confiance à un pilote automatique.

A l’époque, les navigateurs faisaient leurs points astronomiques au sextant. Aujourd’hui, ils utilisent des GPS pour relever leur position.

A l’époque ils partaient pour l’aventure , pour prouver qu’un bateau de 6,50 mètres de long pouvait traverser l’Atlantique. Aujourd’hui ils passent l’équateur en course pour s’offrir une grande victoire ou une belle place à leur palmarès.

A l’époque, il allaient vers les Antilles. Aujourd’hui, ils filent vers le Brésil.

A l’époque, ils finançaient eux-mêmes leur projet fou. Aujourd’hui, ils ont des partenaires qui misent sur eux pour leurs retombées internes et médiatiques.

A l’époque, ils ne donnaient pas de nouvelles d’eux pendant la traversée. Aujourd’hui non plus !

Parce que les coureurs qui gèrent eux-même les réglementations de la Classe Mini refusent encore et toujours la communication externe, il est impossible d’embarquer à bord des minis des téléphones satellites de type Irridium ou bien de communiquer par mail avec un système comme SailMail. Alors que ce budget de communication serait ridicule par rapport aux budgets de nombres de skippers et en particulier par rapport au coût engendré par la dernière déréglementation sur le carbone dans les espars, envoyer des infos à terre reste interdit. Par la même occasion, en recevoir depuis la terre est aussi interdit. Tant mieux pour les routages ou autres assistances. Dommage pour les classements, bulletins météo et informations de sécurité (annonce d’un coup de vent, d’un skipper en danger, etc).

Depuis le départ, soit depuis 5 jours, le seul contact, la seule information venue à terre depuis les bateaux accompagnateurs reste une interview d’Arezki Boudaoud, le skipper de Totem. Et c’est tout ! Rien du reste de la flotte, des leaders, de ceux qui ont connu des soucis techniques (et il y en a plein). Rien. Niet. Nothing. Et c’est vraiment dommage. C’est frustrant. Pour la presse mais aussi pour les amis, les familles, les sponsors, les organisateurs.

Messieurs et mesdames de la Classe Mini, c’est à dire vous les coureurs anciens, actuels (ben non vous pouvez pas vous connecter à internet) et futurs, faites quelque chose ! Que cette "Route du Silence" soit la dernière. Merci.

Ch.Guigueno



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