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Watch the Waste

De retour de la "poubelle" des Sargasses

Six mois d’observations entre 3 continents et tant de déchets plastiques flottants

mardi 4 mai 2010Redaction SSS [Source RP]

Partie de France en octobre 2009, l’expédition de Watch the Waste vient d’achever la traversée de la mer des Sargasses. La mission n°1 de l’équipage : étudier à la fois les déchets visibles et « invisibles ». Les membres de l’association ont multiplié les prélèvements planctoniques et autres observations détaillées des résidus flottants à la surface de l’eau. Cette zone mythique - au cœur du triangle des Bermudes - est une vraie « poubelle » pour les marins qui la connaissent.

Les agglomérations de déchets dans l’Atlantique : la pollution visible des Sargasses

Le constat est simple : « En moins d’un quart d’heure, nous avons vu plus de déchets en pleine mer qu’au cours de tout notre itinéraire passé. » Il y a bien des agglomérations de déchets comparables au Great Pacific garbage patch dans l’Atlantique.

- 17/04/2010 - L’arrivée dans la mer des Sargasses : « A deux jours environ de navigation de Santiago, au milieu des Bahamas, nous apercevons sur l’eau une très grande quantité d’algues : c’est la Sargassum. Parfois en gigantesques amas circulaires, parfois en filaments orientés dans le sens du vent, la concentration d’algues est impressionnante. »

- 18/04/2010 - Déchets en vue : « Dès la fin de matinée, nous remarquons que ces algues ne voyagent pas toujours seules et pendant un quart d’heure les amas de Sargassum observés renferment une grande quantité de plastique de taille et couleur variables : pains de polystyrène, sacs, flacons, bouchons, bidons, couverts, bouteilles ; le plastique sous toutes ses formes emprisonné dans les algues et condamné à dériver avec elles au gré des vents et des courants. »

- Déchets sous l’eau : « Au cours de veilles attentives à l’étrave du bateau, nous remarquons que les déchets ne se trouvent pas uniquement en surface, et qu’une densité toute aussi impressionnante flotte entre deux eaux, à quelques mètres de profondeur. Au bout d’une vingtaine de minutes, les algues et les déchets se font moins nombreux, la mer reprend une apparence plus naturelle. Et l’expérience se répète... »

- Déchets microscopiques : Ce premier constat de Watch the Waste dans les Sargasses concerne pour l’instant la part visible de la pollution : les résultats des prélèvements réalisés au cours de l’expédition seront communiqués après analyse, à leur retour en France.

Du plastique dans l’Atlantique : le constat se répète

La concentration de déchets repérée et décrite il y a près de 40 ans déjà par l’océanographe Edward J. Carpenter et plus récemment par les affirmations de l’association SEA est toujours au rendez-vous. Dès 1972, Edward J. Carpenter soulignait l’existence de ces agglomérations de plastique en pleine mer et présentait des résultats d’analyse déjà alarmants. Si le plastique n’a fait son apparition dans notre consommation qu’il y a 60 ans à peine, l’impact de son utilisation sur notre environnement n’avait pas été envisagé sur terre et moins encore en mer. Depuis quarante ans, force est de constater que des millions de particules de plastique habitent nos océans.

Comment agir aujourd’hui ? L’urgence est à la prise de conscience

En l’absence de solutions de dépollution... A ce jour, il n’existe pas de solution technique durable pour mettre fin à ces phénomènes d’agglomération détritique : les espaces atteints sont trop vastes et trop éloignés de la côte. Les quantités de matière à récupérer sont telles que le moindre projet de « pêche aux déchets » serait pharaonique et extrêmement polluant, ne serait-ce qu’en termes de carburant. De plus, dans les eaux internationales, nul n’est contraint à s’engager dans une quelconque forme de dépollution. « Au cours de notre expédition, nous avons pu constater que l’existence d’agglomérations de déchets en pleine mer était encore largement méconnue. Un des enjeux reste donc celui de la sensibilisation du plus grand nombre, afin d’engager une prise de conscience élargie de la responsabilité de chacun dans le développement de ces phénomènes : rien n’existe aujourd’hui pour mettre en œuvre cette sensibilisation nécessaire. »

Watch the Waste développe PODEM, une lutte participative La meilleure façon de lutter contre cette pollution est selon Watch the Waste de « continuer à améliorer notre connaissance de ces phénomènes, et ce, en associant un maximum d’acteurs dans ce travail de fourmi. Le Portail d’Observation des Déchets En Mer, PODEM, est une proposition fédératrice pour mutualiser les observations du plus grand nombre de navigants »

L’outil consiste à permettre à chaque observateur de déchet de les recenser facilement et d’alimenter une base commune précise et cartographiée. A terme, l’objectif est de proposer une cartographie en temps réel et accessible à tous des zones d’agglomération de déchets en pleine mer.

A travers ses actions sur le terrain et ses efforts de sensibilisation publique, Watch the Waste vise à la fois à limiter les comportements qui alimentent cette pollution et à créer les conditions de développement de cet outil de veille collective. Encourager une sensibilisation sur le long terme en impliquant les voyageurs des mers, voilà la solution défendue par Watch the Waste pour continuer à alerter ceux restés à terre.

- Info presse http://watchthewaste.free.fr



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