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Solitaire du Figaro

Yann Eliès : "déjà compter 44 minutes sur le deuxième, c’est énorme"

"C’est l’une des premières fois que je gagne une étape avec autant d’avance"

mercredi 5 juin 2013Redaction SSS [Source RP]

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Ce mercredi à 16h03, Yann Eliès a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de la première étape de la Solitaire du Figaro - Eric Bompard cachemire entre Bordeaux et Porto. Le skipper de Groupe Quéguiner - Leucémie Espoir s’est imposé au terme d’un peu plus de trois jours de course intenses, marqués notamment par une navigation dans l’estuaire de la Gironde épique, une traversée du golfe de Gascogne musclée et une descente le long des côtes ibériques chaotique qui se sera finalement révélée déterminante. C’est là, en tous les cas, que le tenant du titre a réalisé une très belle opération et creusé une avance confortable qui lui sera précieuse pour la suite.

Yann, comment s’est passée cette première étape ?

« Je suis assez mal parti car je suis resté coincé au bateau comité. C’est vrai que les départs ne sont généralement pas mon fort… En même temps, cela m’oblige à me re-concentrer et à me mobiliser tout de suite. Il faut dire que j’aime bien les challenges et quand je suis derrière, j’apprécie grignoter des bateaux les uns après les autres. Après, j’ai bien navigué la première nuit. J’ai réalisé une belle trajectoire jusqu’au cap Finisterre en suivant les conseils de Jean-Yves Bernot et de Christian Le Pape. Ensuite, j’ai un peu craqué en choisissant de raser la terre. En réalité, j’étais un peu crevé car le passage du coup de vent dans le golfe de Gascogne a été dur physiquement. C’est pourquoi je me suis dit qu’en allant près de la côte, j’aurais un peu moins d’air et que je pourrais souffler un peu. Au final, c’était une bêtise et j’ai failli le payer cher car certains, comme Michel Desjoyeaux, ont vraiment bien négocié ce passage-là. »

Peut-on dire que la descente le long de la côte ibérique a été le moment clé de la course ?

« Oui, clairement. Heureusement pour moi, il y a eu un regroupement de la flotte - et donc un deuxième départ - entre le cap Finisterre et le DST (Dispositif de séparation de trafic) que nous étions obligés de respecter. En ce qui me concerne, j’ai été l’un des premiers à repartir. De plus, j’ai rapidement compris qu’il fallait jouer l’intérieur d’une petite dépression thermique centrée sur l’Espagne et qu’une fois que le vent avait basculé au nord-ouest, il fallait tailler la route au large. J’ai appliqué à la lettre les conseils donnés par le Pôle de Port-la-Forêt et j’ai eu un peu de chance, cette nuit, car j’ai eu vraiment beaucoup plus de vent que ce qui était prévu pendant 3 ou 4 heures. C’est ce qui nous a permis, à Fred Duthil et à moi, de faire le break. »

Est-ce que ça a été une surprise de vous retrouver en tête de la flotte ce matin ?

« Un peu mais j’ai été plus étonné encore en constatant les écarts. Je ne m’attendais pas à en voir autant. Ceci étant, il me restait quand même une inconnue car j’ignorais comment Jean-Pierre Nicol allait s’en sortir après son option à terre. Moi, au large, je savais que je conserverais du vent mais je ne savais pas trop comment j’allais réussir à revenir vers Porto parce que la brise n’était pas violente, et surtout, elle n’était pas dans le bon sens. Finalement, j’ai bien eu un petit passage de molle pendant une heure, mais par rapport aux autres, je pense que j’ai vraiment bénéficié de meilleures conditions. »

Cela vous permet de bénéficier d’une jolie avance au classement…

« Oui. Je ne connais pas encore tous les écarts mais c’est clair qu’ils sont conséquents. Tout le monde n’est pas encore arrivé mais, déjà compter 44 minutes sur le deuxième, c’est énorme. Forcément, je suis super content. C’est l’une des premières fois que je gagne une étape avec autant d’avance. Maintenant, j’essaie de rester lucide sur le fait que la deuxième étape peut faire autant de dégâts que celle-ci. Je dois rester concentré. »

Certains disent que cette étape entre Bordeaux et Porto était une étape de « futés ». Est-ce également votre sentiment ?

« Il fallait bien sentir les coups, c’est vrai. Bernot et Le Pape ont vraiment fait un sans faute, que ce soit sur les scénarios ou sur les timings de changements météo. Ils ont tellement bien préparé le boulot que quand je me posais des questions, je me raccrochais à ce qu’ils avaient prévu. Par ailleurs, cette année, je vais vite, surtout au portant. Il semble que j’ai encore progressé un peu. De fait, j’ai trouvé un petit réglage qui me permet d’être encore plus performant. Cela met en confiance, évidement. »


Voir en ligne : Info presse Rivacom



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