SeaSailSurf®

Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

Solitaire

Servane Escoffier vise une 3e Route du Rhum en Sydney 60

"ce n’est effectivement pas simple de revenir à la compétition après deux grossesses"

vendredi 4 avril 2014Redaction SSS [Source RP]

Après une belle deuxième place dans la catégorie des Open 50’ de la Route du Rhum 2006, Servane Escoffier avait été la première femme, en 2010, à s’aligner sur un catamaran géant dans la classe reine, celle des Ultimes, avec à la clé une très belle 7e place. Après deux années passées à jongler entre ses fonctions de manager et son rôle de jeune maman, elle s’apprête maintenant à relever un nouveau challenge : faire son retour sur son épreuve favorite à la barre d’un Sydney 60, un monocoque de 18,28 mètres pour lequel elle cherche aujourd’hui un partenaire titre.

Pour Servane Escoffier, née le 8 avril 1981, dire qu’elle est tombée dedans lorsqu’elle était toute petite ou que la voile est une histoire de famille relève de l’euphémisme. Voilà d’ailleurs sans doute pourquoi elle a su affirmer très tôt son sens marin. Parmi ses principaux faits d’armes, on retiendra notamment sa participation à la Transat Jacques Vabre 2003 soldée par une 12e place, ou encore son tour du monde en double à l’occasion de la Barcelona World Race 2007-2008 bouclé en 5e position. Mais c’est aussi et surtout sur la fameuse Route du Rhum que la navigatrice s’est illustrée. D’abord en 2006, avec une remarquable deuxième place dans la catégorie des Monocoques de 50 pieds, puis en 2010, dans la classe Ultimes, à bord de l’ancien catamaran de Bruno Peyron. De petit gabarit (1m64, 53 kg), Servane marque alors les esprits en relevant un véritable défi physique à la barre de ce géant de 22 m 50, d’autant qu’elle lutte contre des Franck Cammas, Francis Joyon ou encore Thomas Coville, pour ne citer qu’eux. Au bout du compte, la mission est brillamment accomplie. Pas étonnant qu’elle ait envie d’y retourner une nouvelle fois – d’ailleurs l’adage ne dit-il pas « jamais deux sans trois » ? -, avec dans la tête l’ambition de porter son nom et celui de son futur partenaire en haut de l’affiche dans la catégorie « Rhum ».

Talentueuse sur l’eau oui, mais pas seulement… Jeune femme à l’intelligence vive, Servane Escoffier aime les défis. Et c’est vrai dans tous les domaines. Aussi, dès 2005, une fois son diplôme de commerce international en poche, la Malouine prouve qu’elle est également une femme d’affaire capable de mener sa barque dans le nautisme avec brio, parallèlement à sa carrière sportive. Elle crée avec Louis Burton ainsi la société BG Race, à la fois un chantier naval à la pointe dans la construction, la réparation, la préparation et l’optimisation de bateaux de course et une écurie de course au large. « Le fondement de BG Race est le partage des connaissances et des moyens pour tirer chacun de nos projets le plus haut possible » explique Servane, soulignant par ailleurs que le team bénéficie aujourd’hui d’une équipe qualifiée et d’infrastructures de haut niveau sur le bassin Duguay Trouin à Saint-Malo, juste à côté du chantier May Day Boat, spécialisé, pour sa part, dans la construction et la réparation de voiliers en bois, que la Malouine dirige également depuis sa dernière Route du Rhum.

Ce n’est d’ailleurs pas l’unique grand changement dans sa vie depuis sa dernière traversée de l’Atlantique. Et pour cause, ces deux dernières années, elle a fondé sa petite « tribu » avec son compagnon, le skipper Louis Burton, que l’on a notamment vu au départ du Vendée Globe. La jeune femme retrouve donc aujourd’hui, petit à petit, le rythme de la compétition tout en assumant son rôle de mère.

« Ne pas avoir à choisir entre sa vie professionnelle et sa vie de maman, c’est finalement toute la complexité des femmes d’aujourd’hui. Le fait est que ce n’est effectivement pas simple de revenir à la compétition après deux grossesses, mais je veux parvenir à le faire bien, avec un bateau prêt » souligne la Malouine.

Elle a ainsi recommencé à naviguer puis à régater en équipage l’hiver dernier à bord d’un prototype de 27 pieds afin de se remettre doucement dans le bain. Dans le même temps, le Sydney 60, le monocoque avec lequel elle espère être au départ de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe le 2 novembre prochain, a quitté la Méditerranée pour prendre ses quartiers dans son nouveau port d’attache, au pied des remparts de la cité Corsaire. Celui-ci doit maintenant être adapté à la navigation en solitaire. Dès lors, Servane débutera ses entraînements en configuration Route du Rhum. Dans l’immédiat, elle met le paquet sur la préparation physique.

« J’ai perdu mes abdominaux, j’ai un peu de boulot ! »

avoue Servane ajoutant, non sans humour, que pour ce qui concerne les quarts, grâce à ses deux enfants en bas âge, elle sera impeccablement au point.

Il ne lui reste donc plus qu’à décrocher ce partenaire titre qui lui permettra de démontrer à tous que l’on peut être tout à la fois un skipper émérite, un excellent manager et une maman qui assure.


Voir en ligne : Info presse Rivacom / www.bgrace.fr



A la une