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Musandam-Oman Sail

Sidney Gavignet : "le bonheur de faire la Route du Rhum reste le même"

"Je suis globalement beaucoup plus serein après ces quatre jours de qualification"

dimanche 7 septembre 2014Redaction SSS [Source RP]

Le compte à rebours a commencé pour Sidney Gavignet qui se prépare actuellement à relever le défi de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe à bord du MOD70. Et c’est cette nuit que le skipper a bouclé avec satisfaction sa qualification après avoir effectué un parcours de 1000 milles nautiques aller et retour de Lorient.

Après être parti de Lorient mercredi 3 septembre dernier pour parcourir les 1000 milles nautiques requis pour valider sa participation dans la catégorie « Ultimes » de la mythique course transatlantique, dont le départ est prévu le 2 novembre prochain de Saint-Malo, le trimaran aux couleurs du Ministère du Tourisme du Sultanat d’Oman est en effet revenu cette nuit à Lorient, avec un Sidney Gavignet calme, heureux et serein par rapport à sa préparation.

Sidney Gavignet expliquait ce matin après son retour à quai :

« C’est une bonne chose de faite, dans le sens où c’est aussi un très bon exercice, car il y a peu de chances que je refasse quatre jours et demi de navigation d’affilée comme je viens de le faire dans la suite de ma préparation. En terme de temps cela correspond tout de même à une demi Route du Rhum.

C’est vraiment une expérience parfaite pour voir où on en est sur le bateau, et les petites modifications qui restent à faire. D’ailleurs j’en profite pour souligner que c’est un excellent point de départ, car le travail des techniciens de l’équipe est vraiment très bon.

Je sens que je suis bel et bien parti dans la campagne solo, et ça se passe bien. J’ai un sentiment de bon travail en cours. »

En effet, Sidney Gavignet a eu l’opportunité de tester pas mal de choses grâce à cette navigation, que ce soit en terme de manœuvres, ou encore en terme de gestion des moments de repos pour pouvoir récupérer :

« Je suis parti vers l’Ouest de Lorient pour toucher une dépression au large avec un peu de vent car les conditions étaient plutôt légères au départ. J’ai donc navigué sur 500 milles vent arrière pendant une journée et demi pour aller à la rencontre du vent, mais comme le vent n’a pas tourné, je suis remonté au près ensuite et ce pendant trois jours, ce qui est un rapport normal entre portant et près.

J’avais déjà commencé à dormir par petites sections de 20 minutes maximum un peu avant la qualification, à l’occasion d’un convoyage de bateau entre Marseille et la Corse, pour lequel j’avais déjà en tête de l’exploiter pour travailler sur le sommeil. Cela a un peu marqué les débuts de ma préparation solo, et cela m’a bien servi et mis en jambes en fait. Et j’ai donc continué de la même façon sur cette qualification. Je pense que j’ai trouvé mon rythme.

Mon système d’alarmes à bord marche bien, et pour résumer, tout ce qui était pensé à l’avance fonctionne pas mal. Je ressens donc l’expérience par rapport à il y a quatre ans, où l’on n’était pas aussi avancé qu’on l’est maintenant à tous les niveaux.

Je me sens donc plus calme qu’il y a quatre ans, et quand on est calme, on se repose plus vite, car l’on n’a pas l’adrénaline à faire descendre avant de s’endormir. En fait quand on est ni survolté ni excité, même si le bonheur de faire la Route du Rhum reste le même, cela va plus vite pour s’endormir en ayant moins d’adrénaline, c’est tout simplement plus efficace physiquement.

Normalement je fais des phases de 20 minutes. Mais je pense que je n’en ai presque jamais fait une complète sur cette qualification. La clef c’est d’arriver à faire plusieurs phases d’affilée, ce qui me permet de me reposer et de récupérer.

J’ai aussi testé des manœuvres en solo puisque j’ai fait du près et du portant. J’ai donc fait des virements et des empannages. J’ai progressé au fur et à mesure, notamment sur les virements qui étaient, je trouve, la manœuvre la plus dure. Je crois avoir trouvé le déclic, que je pense d’ailleurs pouvoir appliquer dans tous les types de temps. J’ai fait des manœuvres de gennaker avec hissage et affalage par deux fois, et j’ai aussi utilisé le gennaker au près dans le petit temps alors que cela ne semblait pas évident. Globalement on se sert du bateau d’une manière assez proche de lorsqu’on est en équipage. Mais ce qui est notable, c’est bien sûr qu’il est plus léger, et du coup que l’on a moins besoin de le « charger » pour qu’il avance bien.

Je suis globalement beaucoup plus serein après ces quatre jours de qualification.

Les conditions étaient certes assez favorables, mais c’était idéal de commencer par là pour faire les choses dans l’ordre. »


Voir en ligne : Info pesse www.omansail.com



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