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Pipof à la plage

Débuter le kitesurf à 40 ans : Règle ton stance et marche

Premiers bords, premiers allers-retours, bons réglages et petite vidéo pour analyser ses erreurs

jeudi 11 septembre 2014Christophe Guigueno

J’ai acheté ma première aile, une Takoon Log 12m2 en septembre 2013. J’ai acheté une deuxième aile, de 9m2 (même marque, même génération) en août 2014. Cet achat correspond au moment où je suis enfin parvenu à tirer mes premiers bords… Quasiment un an après mes débuts !

Patience et longueur de temps… Comme je l’ai déjà écrit, on peut découvrir le kite, passé les 40 ans, lors d’un stage de 5 jours. Mais faut pas rêver tirer ses premiers bords aussi vite. Quand on n’a pas la possibilité de s’offrir un stage long dans des eaux chaudes, quand on vie les 3/4 du temps loin des côtes, quand les conditions sont contre soi… cela prend beaucoup de temps. Mais la persévérance finit par payer quand les premiers bords mesurent 30 mètres, puis 50, puis 100 et puis 300 à 500. Reste à revenir au point de départ.

Marcher pour remonter au vent

Quand on tire ses premiers bords, on passe plus de temps à marcher qu’à naviguer. Voilà encore une particularité du kitesurf qui différencie sa pratique à celle de la voile. Imaginons, lors que l’on débute en dériveur, monter à bord, border, glisser sous le vent et s’arrêter sous le vent près de la plage pour sauter sur le sable, se placer à l’étrave et tirer son voilier au vent sur 500 mètres avant de recommencer ! Impensable. C’est pourtant le lot du kitesurfer débutant. Et marcher le long de la plage, la planche d’une main et l’autre main sur la barre pour contrôler son aile inclinée à 70° au-dessus du plan d’eau, ce n’est pas une partie de plaisir. Mais au moins, cela fait travailler les abdominaux.

Cette période ingrate est due au fait que l’on a beaucoup de mal à naviguer au travers et, pire encore, à faire du près lors de ses premiers bords. Le phénomène est accentué par le fait que pour décoller, il faut abattre pour prendre de la vitesse et, si on ne remonte pas au vent ensuite, on décroche sous le vent. A chaque arrêt buffet (perte de contrôle ou mauvaise gestion de la vitesse et du placement de son aile), on décroche encore et encore... Lorsque l’on revient à à la plage, on aura perdu sous le vent autant de distance que l’on aura parcourue au large. Du coup, chacun a sa technique : soit vous faites des bords de 20-30 mètres, décrochez de 30 mètres et vous enchaînez ces petits allers-retours ; soit vous êtes plus téméraire et vous vous lancez pour 300 - 500 mètres au large et la remontée à pieds sera d’autant plus longue...

Ce choix entre petits et grands bords dépendra aussi de la taille de la plage où l’on évolue mais, quoiqu’il en soit, au final, on marchera tout autant ! Le plaisir commence quand, enfin, on revient à son point de départ. Cela veut dire que l’on est parvenu à se lancer en abattant puis d’assurer au travers et, un peu, au près, pour être capable d’effectuer un aller-retour complet. Attention encore aux obstacles sur la route. Comme les kitesurfers ont l’instinct grégaire, ces premiers bords impliquent aussi de réussi son slalom entre ceux qui nous doublent et ceux qui naviguent en sens contraire.

Vidéo : débuter avec du vent off-shore

Quand j’étais en Bretagne, sur des périodes de une à 4 semaines, j’ai pu disposer de deux-trois spots à proximité. Celui de Fort-Bloqué (à 500 mètres), celui de Larmor-Plages / Kerguélen (5 km) et celui de Gâvres (25 km). Ce dernier est le spot idéal pour débuter. C’est un plan d’eau intérieur plat mais il a quelques gros inconvénients : il n’est navigable qu’à marée haute et par des vents de nord-ouest à sud-est. Celui de Kerguélen offre un terrain de jeu un peu encombré puisqu’il est situé près d’une base nautique et sur une plage très fréquentée en été. Celui du Fort est tout aussi fréquenté en été avec des zones interdites (lire le post précédent) et un vent qui est à 90% orienté ouest, soit pile offshore. Un vent qui crée un fort clapot. Sur un mois de présence en Bretagne en début d’été, le manque de vent ne m’aura permis de réaliser que 5 séance dont seulement deux de vraiment profitables. Faut bien être patient !

La vidéo ci-dessus est extraite d’une session réalisée début août alors que le vent est ouest et perpendiculaire à la plage. Il est aussi un trop faible (10-12 noeuds) et il y a un peu de vague. Ce sont les conditions les pires pour le débutant. Offshore, le vent impose de se décaler dans la mer pour tenter de se lancer vers le sable afin d’accélérer. Les vagues poussent elles-aussi vers le sable. Bref, il faut bien réussir son water-start et vite remonter au vent pour se dégager du sable.

A chaque fois que j’ai navigué au fort, j’ai galéré à cause des vagues et de l’orientation du vent. Mais comme il s’agit de mon spot le plus proche, il m’a bien fallu insister pour espérer un jour tirer des bords près de chez moi. Si quelques jours auparavant, j’ai enchaîné des bords de 500 mètres sur le plan d’eau de Gâvres, là c’est encore laborieux. Mais cette vidéo est bien utile lorsque l’on débute. Avec une caméra étanche fixée sur le casque, on peut analyser, après coup, ses principales erreurs. Ici ont voir que j’ai toujours du mal à tendre la jambe avant pour diriger la pointe de la planche vers l’aile et bien accélérer sous le vent. On voit aussi que mes mains sont trop écartées sur la barre. Les kitesurfers expérimentés naviguent avec les mains au centre de la barre. Cela pardonne plus les erreurs de barre.

Bien régler son stance pour mieux partir

Stance : terme anglais qui se traduit par "position des pieds". En kitesurf, pour les planches twin-tips (symétriques), on parle de stance pour l’écart entre les centres des deux full-straps.

Un planche twin-tip dispose de plusieurs positions pour les full-straps. Sur ma F-One, il y en a 3. On peut donc plus ou moins écarter les straps en fonction de sa taille et de la longueur de ses jambes. Lorsque j’ai récupéré cette planche, les straps étaient en position intermédiaire. J’ai donc cherché sur le net, quelle était le stance idéal pour mon gabarit. Certains forums proposent des formules magiques. D’autres des exercices de plus ou moins bon goût. Je me suis dit que la formule la plus simple était :

  • petit gabarit : stance serré au maxi
  • gabarit moyen : stance intermédiaire
  • grand gabarit (ou longues jambes) : stance maxi

J’ai donc écarté au maxi les deux pads et j’ai pu partir et naviguer plus facilement. Comme quoi, on peut aussi perdre du temps en utilisant du matériel mal adapté. Il en est de même avec le réglage de la barre. Un voisin remarquant que j’avais tendance à me toucher régulièrement l’épaule droite (en raison d’une douleur récurrente) est venu régler la longueur des lignes. Barre choquée, l’aile doit pourvoir tenir au-dessus de la tête sans tomber ni évoluer. Dans mon cas, il a raccourci les lignes arrières en reculant les points de tire sur la barre d’un demi-noeud. Cela permet aussi de disposer de plus de puissance en tirant sur la barre pour le take-off avant de laisser l’aile prendre elle-même sa vitesse. Ces deux réglages (stance et longueur de lignes) ont facilité mes premiers bords. Il est donc important de bien régler (ou faire régler) son matériel pour ne pas perdre de temps. Les bonnes séances sont rares. C’est dommage d’en gâcher.



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