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#RdR2014

Loïck Peyron : "Le record est anecdotique. C’est la cerise sur le bateau"

"Je n’imaginais plus repartir sur un bateau comme celui-ci et gagner la Route du Rhum"

lundi 10 novembre 2014Information Route du Rhum

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Cette victoire de Peyron, magnifiée par l’établissement d’un nouveau temps record sur la course est d’autant plus remarquable, que le skipper n’avait pris le bateau en main que début septembre (soit deux mois avant le départ) pour remplacer son skipper attitré, Armel Le Cléach, blessé à la main.

Ne disposant que de peu de temps pour se familiariser avec le trimaran géant, Loïck Peyron a toujours fait profil bas dans ses discours sur les pontons de Saint Malo, insistant sur l’aspect hyper physique d’un tel challenge. Sa grande expérience et sa technique du multicoque au large ont comblé le déficit. Sans oublier le travail exceptionnel réalisé par l’équipe de routage à terre, composée de Marcel Van Triest et Armel Le Cléac’h. Ces deux anges gardiens ont réussi à guider le trimaran et son skipper sur des trajectoires simples, fluides et surtout très efficaces.

Loïck Peyron à son arrivée au ponton : « La dernière journée était difficile, depuis ce matin au large de la Désirade, il y a eu beaucoup de manœuvres. Je pense que je vais bien dormir. Cela fait sept éditions pour moi ! C’était bien ! C’est une situation exceptionnelle de barrer un magnifique bateau à la place d’Armel. Nous avons tout bien fait avec une équipe géniale et la présence d’Armel. Cette victoire, c’est grâce à l’équipe Banque Populaire. Je n’imaginais plus repartir sur un bateau comme celui-ci et gagner la Route du Rhum. Ce n’est jamais simple une course comme celle-là, et c’est ce qui est passionnant. C’est très stressant aussi. Supporter les hautes vitesses dans une mer cassante, c’est compliqué. On a bien mené le bateau. Je me suis fait peur en permanence. C’est le but du jeu ces multicoques ! On doit manager en permanence le bateau. Une nuit, je me suis endormi à la barre et ça a failli mal tourner. Elle est jolie cette victoire, c’est peut être la plus jolie. Le record est anecdotique. C’est la cerise sur le bateau. »

La victoire du Maxi Solo Banque Populaire VII s’est nouée dès la première nuit en mer, à la sortie de la Manche. Pointé en tête dès le 2 novembre au soir, après avoir ajusté quelques manœuvres, au près, le long des côtes françaises, Loïck Peyron est le premier à virer au nord du DST de Ouessant, sur un tempo parfaitement en phase avec le passage du front.

Premier de cordée au moment d’attaquer le golfe de Gascogne, Peyron ne fera qu’accentuer son avance, dans toutes les phases du parcours, notamment à Madère où il fait un break définitif sur ses poursuivants. Ses adversaires du début, Edmond de Rothschild et Prince de Bretagne, cèderont leur lace à Spindrift 2 dès le passage du cap Finisterre. Mais Yann Guichard, sur son multi de 40 mètres, ne parviendra jamais à recoller aux tableaux arrière du trimaran bleu.

C’est la deuxième fois que ce plan VPLP de 31,50 m arrive en vainqueur en Guadeloupe. En 2010, Franck Cammas avait déjà réussi cet exploit, osant ainsi ouvrir une nouvelle voie : celle qui consiste à mener en solitaire un géant taillé pour battre des records en équipage…un défi ultime.



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