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#RdR2014

Sébastien Josse : "Les bateaux de 40 m et 31 m sont logiquement devant"

"Avec les deux premiers Ultimes, il n’y a pas eu de régate. Derrière, nous nous sommes battus"

mardi 11 novembre 2014Information Route du Rhum

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Ce mardi 11 novembre à 04h 47mn et 09s Sébastien Josse a franchi la ligne d’arrivée de la 10e Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Le skipper d’Edmond de Rothschild a mis 8 jours 14 heures 47 minutes et 9 secondes pour boucler le parcours théorique de 3 542 milles à la vitesse moyenne de 17,13 nœuds. Il a réellement parcouru 4 403 milles à la vitesse de 21,29 nœuds.

Il se classe 3e, 23 heures 38 minutes et 37 secondes derrière le vainqueur Loïck Peyron (Maxi Solo Banque Populaire VII) après une course exceptionnelle, sachant que son multi de 70 pieds fait partie des « petits bateaux » de la flotte Ultime. Longtemps devancé par Lionel Lemonchois, « Seb » s’est battu jusqu’au bout, croyant en sa chance de podium : chapeau bas !

« Si je gagne dans ma catégorie, j’aurais gagné ma Route du Rhum ! » déclarait Sébastien Josse avant le départ. Ce mardi 11 novembre (heure de Paris) en Guadeloupe, le skipper d’Edmond de Rothschild n’a pas seulement rempli sa mission, il a aussi réussi à se placer devant deux trimarans plus grands que le sien, dont le puissant Prince de Bretagne de Lionel Lemonchois, son principal rival pendant la course.

Marin multicarte, aussi bon en solo qu’en équipage, le Niçois disputait ici sa 2e Route du Rhum-Destination Guadeloupe (abandon en 2002). La transat en solo était un objectif fort cette année pour le Gitana Team qui a beaucoup planché pour améliorer le trimaran, ex MOD 70, en le dotant notamment de plans porteurs sur les safrans, un moyen d’améliorer l’assiette longitudinale du bateau, de gagner en stabilité et en vitesse (jusqu’à 2 nœuds à vitesse élevée). Mais tout l’art était aussi de pouvoir exploiter seul ce multicoque volage au maximum de son potentiel. C’est ce qu’a fait le navigateur de 39 ans pendant ces 8 jours et demi de course.

La course de Seb

Dès le départ de Saint Malo, « Seb » a toujours été dans le match. Au sortir de la Manche, après une belle navigation au près la première nuit au passage du front, il est même placé en 2e position, derrière Banque Populaire VII. Il occupera le plus souvent la 4e place, en embuscade derrière trois des quatre gros bateaux de la flotte, travaillant sans relâche pour ne pas se faire distancer. « Je vais passer un paquet de temps à la barre, entre 12 et 15 heures par jour… je ne vois pas comment on peut faire autrement à moins d’être en mode cruising » prévenait-il avant le départ. Ses efforts seront récompensés dans les alizés à 750 milles de l’arrivée. Empruntant une route sud pour viser son entrée dans l’arc Antillais, il double Lionel Lemonchois, empêtré plus au nord dans une ligne de grains sans vent. Le dimanche 9 novembre, il prend la 3e place pour ne plus jamais la quitter jusqu’à la Guadeloupe.

Les premiers mots de Sébastien Josse

« Le deux premiers jours, il a fallu faire le dos rond tout en gardant un peu de rythme. Il fallait trouver le bon dosage. Après, ce n’était que du bonheur. Quand on est dans les alizés, avec ces machines là, c’est exceptionnel. Sur le papier, on ne joue pas du tout dans la même cour avec les grands bateaux. Les bateaux de 40 m et 31 m sont logiquement devant. Je pense qu’ils n’ont pas trop forcé. Ils réglaient leur vitesse avec nous, les petites libellules de derrière. Il y a un côté sympa de sentir qu’on les a titillés un peu.

Je suis plutôt surpris de mon état physique, parce qu’au début, je me disais que c’était trop dur de dormir sur un bateau comme ça. Je m’interdisais de dormir parce que je pensais que c’était trop dangereux. Mais la fatigue m’a rattrapée, je me suis mis à dormir au bout de trois jours. Quand le bateau est bien réglé, que l’on a le bon équilibre, ça se passe super bien. La fatigue que j’ai maintenant est liée au tour de l’île car j’ai beaucoup manœuvré.

Le sentiment en mer était génial : tu es sur ton bolide, ta mobylette. Ce sont des oiseaux volants ces bateaux, au portant dans les alizés, rien ne peut décrire les sensations. La moindre vague, la moindre petite risée, le bateau s’emballe, mais finalement il faut le laisser vivre et lui faire confiance. Je ne me suis jamais senti en danger.

Cela fait trois ans que je navigue sur ce bateau, je m’entraîne 150 jours par an, j’ai la chance de faire ça. Du coup, j’ai des automatismes, parfois je suis plus à l’aise que les autres parce que j’ai beaucoup répété mes gammes.

Avec les deux premiers Ultimes, il n’y a pas eu de régate. Derrière, nous nous sommes battus, nous avions un beau groupe où ça attaquait. »



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