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Transat Jacques Vabre : Thomas Ruyant et Adrien Hardy 4es au Brésil

"nous étions systématiquement devant les concurrents qui ont dû jeter l’éponge"

jeudi 12 novembre 2015Redaction SSS [Source RP]

Bizuts de l’épreuve et faisant leur baptême du feu en 60 pieds Imoca, Thomas Ruyant et Adrien Hardy ont mené ce jeudi 12 novembre Le Souffle du Nord pour Le Projet Imagine au pied du podium.

Dans une catégorie riche de 20 bateaux performants au départ du Havre le 25 octobre dernier, cette place de 4e est un excellent résultat ! Le bonheur est donc total et communicatif pour le jeune nordiste Thomas Ruyant et son compère nantais Adrien Hardy. Tout au long des 5 400 milles du parcours, le vainqueur de la Transat 6.50 2009 et de la Route du Rhum 2010 en Class 40, le triple vainqueur d’étapes de la Solitaire du Figaro, ont irradié de fraicheur et de spontanéité aux avant-postes d’une épreuve particulièrement sélective.

« On est fou de bonheur ».

Ni Thomas ni Adrien n’ont coutume sur mer comme dans la vie de calculer leurs attitudes ou leurs émotions. Cette Transat Jacques Vabre, 12e du nom, abordée sous son angle le plus initiatique, vient de révéler deux authentiques champions, aux avant-postes depuis les coups de vent du départ, et qui ont défendu avec une énergie qui force le respect une 4e place que relève la qualité du podium qui les précède.

« On est parti avec d’emblée des conditions d’une dureté extrême » raconte Thomas, « mais nous nous y étions préparés, et faisions partis de ceux qui avaient refusé un éventuel report. »

Prudents mais déterminés, les deux co-skippers du Souffle du Nord sont crânement partis au devant de cette première dépression très creuse en évolution au sud de l’Irlande.

« Ça a été l’enfer, mais nous étions prêts. On avait enfilé nos combinaisons sèches, toilé le bateau en conséquence, et travaillé nos trajectoires. »

Le Souffle du Nord est ainsi troisième à basculer de l’autre côté du centre dépressionnaire. Une tête de course que jamais plus les deux hommes ne lâcheront.

« Certes, il y a eu un certain nombre d’abandons, mais nous étions systématiquement devant les concurrents qui ont dû jeter l’éponge, à part peut-être SMA » précise Thomas.

Une manière de souligner que la performance du bateau Nordiste ne doit rien au hasard ni aux fortunes de mer, mais bien au talent et à l’envie des deux jeunes navigateurs.

Une question de trajectoires

Passée la seconde dépression Açorienne, Le Souffle du Nord va payer sa position un peu trop à l’est

. « Les quatre premiers s’échappent travers au vent, et nous avons jusqu’aux Canaries souffert de ce positionnement dicté par le contournement de la première dépression, en navigant avec un angle au vent de nord-ouest peu favorable car un peu trop dans l’axe du bateau » explique Ruyant.

Au bout d’une semaine de course, la physionomie des classements était durablement établie. Les trois leaders et futurs couronnés à Itajaí ferraillaient loin devant, tandis que Le Souffle du Nord commençait à taquiner le voilier rouge et blanc Initiatives-Cœur au duo Franco-Britannique Sam Davies-Tanguy Delamotte. « « On a connu alors de grands moments de navigation au reaching » s’exclame Thomas, « On a vraiment tiré sur le bateau et découvert ce que naviguer en 60 pieds Imoca voulait dire ; Quand on est à l’intérieur et que le bateau retombe à 18 nœuds derrière une vague un peu creuse, c’est un choc, une claque. C’est violent. On a mal, pour soi et pour le bateau. » » Le Souffle du Nord, pris en main voici moins de 6 mois, a fait preuve d’une étonnante solidité, et d’une grande fiabilité.

« Il est peut être un peu lourd » avoue Adrien, « mais tellement sécurisant. »

Fiers !

La fin de course se résume pour Thomas et Adrien à un duel exacerbé avec Initiatives-Cœur.

« On a beaucoup soigné nos trajectoires, et depuis 3 jours, nous nous sommes relayés à la barre, en sacrifiant sommeil et nourriture pour préserver cette 4e place. On a multiplié en baie de Rio les empannages, pour éviter les zones pétrolières, et parce que la météo était vraiment tordue jusqu’à l’arrivée. On est fiers de cette place, fiers de notre trajectoire, fiers de notre combativité, et heureux d’offrir tout cela à notre équipe, nos proches, et tous nos incroyables supporters nordistes, Le Projet Imagine et ses Héros Humbles ! »

Complices, amis, jumeaux… Thomas et Adrien, fruits de cette même filière Mini-Figaro-Class40 ont beaucoup appris l’un de l’autre : « 

Adrien, il sait tout faire à bord, et ne lâche jamais rien. » résume Ruyant.

« Avec Thomas, on se comprend sans parler. On met le même curseur au même endroit à tout moment. »

Le dunkerquois Thomas Ruyant, à vue de la ligne d’arrivée, s’autorise enfin à se projeter dans un avenir proche qui le verra dès le 6 décembre reprendre la barre du Souffle du Nord, en solitaire cette fois, pour rallier la France dans le cadre de la transat B to B, entre Saint-Barth et Port-la-Forêt.

« J’ai fait le plein de confiance. Je me sens aujourd’hui complètement à la hauteur de ce nouveau challenge, en pleine confiance avec ce bateau… »


Voir en ligne : Info presse TB Press / www.lesouffledunord.com

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