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#MiniTransat2015

Mini-Transat : Julien Pulvé a remporté la 2e étape en Série

"on a fait une grande régate autour de l’Atlantique"

dimanche 15 novembre 2015Redaction SSS [Source RP]

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Vainqueur avec éclat de la seconde étape de la Mini Transat îles de Guadeloupe, Julien Pulvé (Novintiss) est resté concentré jusqu’au bout avant de laisser éclater une joie communicative sur a ligne d’arrivée. Sans véritablement savoir où se positionnait son adversaire direct, le navigateur rochelais sentait qu’il y avait un coup à jouer. Arrivé à Pointe-à-Pitre, commençait l’attente avant le verdict final. Entretien.

Avec Ian, vous avez navigué collé-serré pendant presque toute cette traversée de l’Atlantique...

« Oui, c’est étonnant. En fait, on s’est vite retrouvé aux avant-postes et à partir de ce moment, la tactique de Ian était limpide. Je devenais son principal adversaire, c’était donc son jeu de me marquer. En fait, on a fait une grande régate autour de l’Atlantique. »

On imagine que pour toi, ce n’était pas forcément évident...

« Heureusement, Ian est un bon copain. On se connait bien, on a participé ensemble au projet de développement des Ofcet, mais oui, c’était frustrant. Pendant des jours, j’ai bataillé pour rester au contact. Intrinsèquement, il allait un peu plus vite que moi, c’était donc assez simple pour lui de me contrôler. Vraiment, je ne voyais pas bien comment m’en sortir jusqu’à quelques jours de l’arrivée. On s’est retrouvé tout d’un coup séparés par un nuage. Lui sur une route sud avait un vent qui lui semblait favorable et moi c’était la route nord que me dictait ce même nuage. A quelques milles l’un de l’autre, on n’avait pas le même vent, c’est ce qui m’a permis de me dégager de son emprise. Après, chacun a suivi sa route. Ça tombait bien, je ne voulais pas partir du côté sud. De ce côté là les nuages étaient plus actifs, le vent plus perturbé. Je suis content que ça ait payé, ce n’était pas forcément écrit. »

Du coup, là, il existe une petite chance

« Oui, j’essaye de ne pas trop y penser, mais j’y pense quand même.

L’arrivée a été chaude

« Je me suis fait un peu piéger par le thermique de nuit qui est rentré juste avant la ligne. Je voulais finir sous spi, pour la beauté du geste, pour les images et plus j’approchais de la ligne plus le vent refusait. J’ai même dû affaler, finir au près et virer de bord pour passer la ligne d’arrivée. Le temps que je fasse la manœuvre, je

suis allé un peu loin, j’aurais dû anticiper plus. » Tu sais que tu es le nouveau détenteur du record des 24h en série

« J’ai appris ça, je n’en revenais pas. Je ne me rappelais plus du record, c’est bien... Ça prouve aussi qu’on a des bateaux incroyables. Mais c’est super. Il paraît que Xavier Macaire (l’ancien détenteur du record) m’a félicité, je suis très ému, parce que c’est quelqu’un que j’estime vraiment. »

Pour revenir avec la bagarre avec Ian, il y a forcément eu un peu d’intox entre vous ?

« Bien sûr. Ian, en plus, est très fort à ce petit jeu. Mais j’ai appris à le connaître. Au début, je croyais tout ce qu’il pouvait me dire, mais petit à petit, j’ai compris son jeu. Du coup il fait plus attention, mais ça reste très bon enfant entre nous. Il n’y a pas d’animosité. Ça garde le charme de la compétition. Ian c’est un bon gars, je l’aime bien. Heureusement que c’était lui, parce que la même bagarre avec quelqu’un avec qui je n’aurais pas eu les mêmes affinités, ça aurait été vraiment dur à supporter. »

L’arrivée, c’était un moment fort...

« Oui, je me suis présenté et les premiers bateaux qui sont venus autour de moi étaient là, avec les copains qui me disaient vas-y, pousse. Je me suis dit : un, Ian n’est pas encore arrivé et deux, il y a peut-être quelque chose qui se passe parce que je ne vois personne derrière. Je n’imaginais pas du tout cet écart. Du coup, je suis resté concentré à bloc jusqu’à la ligne et du coup, derrière ça a explosé. »

La première étape, tu n’en étais pas très content

« On ne va pas refaire l’histoire, ça ne sert à rien, mais oui, j’ai navigué le pied sur le frein, sur la défensive. Il y avait plusieurs choses : je suis parti avec la crève, un peu patraque et j’avais le souvenir de 2013 qu’il fallait que j’évacue. C’est sûr, qu’à Lanzarote, je n’étais pas content de ma course. Je me suis vite dit : sur la seconde étape, plus jamais ça. Si c’est Ian qui gagne, il l’aura mérité aussi. »


Voir en ligne : Info presse www.minitransat-ilesdeguadeloupe.fr



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