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Safran Sailing Team

Morgan Lagravière : "l’aventure se finit brusquement avec un peu de frustration"

dimanche 27 novembre 2016Redaction SSS [Source RP]

Morgan Lagravière a été contraint d’abandonner jeudi dernier suite à une avarie de gouvernail. Safran est arrivé hier à Cape Town (Afrique du Sud). Après 18 jours aux avant-postes du Vendée Globe, Le jeune skipper livre ses impressions sur ce début d’aventure intense et son retour à terre.

Morgan, qui a toujours partagé ses émotions sur ce Vendée Globe, continue de positiver malgré une aventure qui a tourné court bien malgré lui.

« J’ai été accueilli par des dizaines de baleines qui viennent se reproduire dans la Baie de Cape Town. Quelle chance j’avais d’être là... J’ai coupé le moteur. J’ai sorti la camera parce que je prends plus de plaisir à faire partager le moment présent qu’à le vivre de manière égocentrique. En arrivant au port, j’ai été accueilli par l’équipe de PRB (Vincent Riou) et les locaux. Depuis, j’ai eu le temps de lire mes messages. C’est incroyable de savoir qu’autant de personnes m’ont suivi. Sportivement c’est décevant mais humainement, qu’y a-t-il de plus important que d’apporter un peu de bonheur aux gens ? »

« Cette quatrième place était la mienne »

Morgan a animé la tête de la course depuis le départ, tenant tête aux ténors de l’exercice autour du monde. Quelques petits soucis techniques l’avaient contraint à bricoler les premiers jours avant qu’il ne revienne rapidement dans le match pour ne plus cesser d’attaquer. Au moment de son avarie, il était quatrième.

« J’ai eu du mal à me mettre dans la course mais rapidement mon esprit d’attaquant est revenu. Cette quatrième place n’était pas un coup de chance, c’était ma place. J’ai pris conscience qu’avec ce bateau, j’avais les moyens techniques et qu’avec mon expérience ces dernières années, j’avais les moyens sportifs d’être performant. Cela m’a donné un capital confiance pour rivaliser avec les meilleurs. Je n’avais pas de complexe par rapport à Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), Alex Thomson (Hugo Boss) ou Sébastien Josse (Edmond de Rothschild). Eux avaient l’expérience, moi j’avais d’autres arguments. Si ma course avait continué, j’aurais gardé cet esprit offensif. »

« J’ai pensé que j’allais mourir »

Le Vendée Globe est une tranche de vie dont on ressort différent. Si Morgan a renforcé sa confiance en lui, il a aussi appris à relativiser.

« Sur ce quart de Vendée Globe, je suis passé par toutes les émotions qu’un être humain est capable de ressentir. C’est un vrai condensé de vie. Cela m’a permis de grandir et d’apprendre sur moi. La troisième fois que je suis monté au mât (le 15 novembre pour un problème de drisse, ndlr) j’ai cru que j’allais mourir. Je me faisais massacrer contre le mât avec une violence inouïe. »

« On a encore des choses à se dire… »

La frustration est grande mais Morgan est parvenu à prendre du recul dès le lendemain de son avarie.

« Je n’avais pas envie de me morfondre, j’ai tout de suite rebondi. J’ai déjà eu des avaries qui ne m’ont pas empêché de continuer à naviguer et à être heureux. C’est sûr il y aura des moments durs cet hiver quand je regarderai les copains sur la cartographie mais cela ne va pas durer longtemps. Je prends conscience de ce que j’aime sur la terre parce que je suis parti en mer. Aujourd’hui, je vais commencer par me reposer et m’alimenter : je n’ai plus que la peau sur les os ! Puis, avec Bilou et l’équipe on va préparer le bateau pour le retour. Ce bateau m’a montré de belles choses mais l’aventure se finit brusquement avec un peu de frustration. On a encore de belles choses à se dire, lui et moi. »

Le monocoque Safran sera convoyé par l’équipe technique tandis que Morgan rentrera en France en avion en début de semaine.



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