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Clarisse sur l’Atlantique

Clarisse Crémer : "être deuxième c’est le pied absolu !"

jeudi 16 novembre 2017Redaction SSS [Source RP]

La navigatrice de 27 ans grimpe sur la deuxième marche du podium de la Mini Transat La Boulangère, après son arrivée en deuxième position au Marin ce jeudi 16 novembre à 13h 15 minutes et 02 secondes (heure française). Une performance exceptionnelle pour celle qui n’avait jamais navigué en solitaire et encore moins passé une nuit en mer il y a encore deux ans lorsqu’elle s’est lancé le défi fou de participer à la Mini Transat !

Depuis 2015 la skipper du Mini TBS s’est donné les moyens d’accéder à son rêve, ne manquant aucun entraînement ni aucune formation, et ça a payé. Après sa magnifique étape entre Gran Canaria et Le Marin où elle a constamment navigué aux avant-postes, contenant sans cesse les assauts de ses poursuivants jusqu’à la ligne d’arrivée, Clarisse Crémer peut se réjouir d’avoir bouclé la Mini Transat La Boulangère de très belle manière. Elle qui s’était fixé comme objectif d’arriver de l’autre côté à tout prix s’empare de la deuxième place de la course avec brio !

Clarisse, toi qui t’étais fixé comme objectif de boucler la course, voire de faire un Top 10, te voilà 2e de la Mini Transat La Boulangère ! Comment te sens-tu ?

« J’ai l’impression d’avoir eu trop de chance. Arriver en Martinique c’était vraiment mon objectif, je ne voulais vraiment pas envisager la déception. Être deuxième c’est juste magique, je suis hyper heureuse. J’ai mis beaucoup d’énergie dans cette course et c’est hyper agréable d’être récompensée. Ça fait 4/5 jours que c’était compliqué pour moi, j’avais une météo bizarre, je devenais folle en entendant les milles perdus à chaque classement ! J’étais tout le temps à fond et ça n’avançait pas. Alors quand j’ai appris ce matin que j’étais deuxième, je n’en croyais pas mes oreilles ! J’ai pleuré toute la nuit tellement j’étais heureuse d’arriver et d’avoir accompli tout ça… Alors en plus être deuxième c’est le pied absolu ! »

Ces derniers jours ont dû être difficiles nerveusement avec Erwan Le Draoulec qui s’échappait et Tanguy Bouroulec, Benoît Sineau et Thomas Dolan qui revenaient sur toi… Comment as-tu géré ?

« Pas très bien ! Sur la première étape je n’avais pas écouté les classements, j’avais passé les plus beaux jours de ma vie. Là c’était vraiment difficile. J’ai hâte de regarder la cartographie et la météo car j’ai eu trois jours bizarres, j’avais toujours moins de vent que ce que les fichiers annonçaient, le baromètre faisait des trucs bizarres, j’étais persuadée que j’allais me faire avoir. Ça a été un peu le low point de la course. Ensuite je me suis remotivée pour faire une option nord sur la fin pour jouer la bascule et ça a bien marché. J’ai réussi à rester motivée dans la course mais ça m’a un peu gâché mon plaisir. Tu es à fond, tu n’as pas de problème technique, tu fais tout ce que tu peux toute la journée et à chaque classement tu perds 15 milles ! Depuis un jour et demi ça allait mieux, c’est revenu, j’allais de nouveau vite ; tout est bien qui finit bien mais j’ai encore du mal à y croire ! »

Tu t’es lancé ce défi il y a deux ans, que de chemin parcouru ! Que retires-tu à chaud de cette course et des deux années passées ?

« Je suis hyper satisfaite parce que je me suis découvert une sacrée force mentale. Livrée à moi-même, j’ai réussi à trouver au fond de moi des ressources pour rebondir, pour avoir le bon moral pour avancer, pour bien faire les choses. J’ai tout le temps été en mode guerrière sur cette deuxième étape, je me suis prise au jeu, je suis vraiment allée le chercher ce podium. Me rendre compte des capacités mentales que je peux avoir va me servir toute la vie, c’est une bonne leçon. »

Quels sont tes projets désormais ?

« A court terme : prendre une douche et me sécher parce qu’on est tout le temps trempé sur ces bateaux ! Pour le reste, je n’ai pas trop avancé. Tu passes 15 jours tout seul mais tu ne penses pas tant que ça à ta vie. En tout cas à chaque fois que j’y pensais, je tombais dans une espèce mélancolie, et si tu veux être en mode champion/guerrier, tu ne peux pas faire de l’introspection. Mais je suis plutôt confiante, je vais trouver un truc. »

Les chiffres

  • 3e de la première étape La Rochelle - Las Palmas de Gran Canaria
  • 2e de la deuxième étape Las Palmas de Gran Canaria - Le Marin
  • 2e de la Mini Transat La Boulangère 2017
  • Temps de course sur la deuxième étape : 14 jours 23 heures 07 minutes et 02 secondes
  • Vitesse moyenne : 8,19 noeuds

- Info presse Julie Cornille


Voir en ligne : Info presse Julie Cornille / www.clarissecremer.com



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