SeaSailSurf®

Du grand large à la plage : Toute l’actualité des sports de glisse depuis 2000

#MinienMai2015

Mini en Mai : Victoires de Frédéric Denis en proto et de Damien Cloarec en série

vendredi 8 mai 2015Redaction SSS [Source RP]

« C’était génial », « intense », « dynamique », « la plus belle course que j’ai jamais disputée »… malgré la neutralisation, le parcours réduit, la Mini en Mai 2015 laissera de sacrés souvenirs aux solitaires qui viennent d’en écrire l’histoire. Sur ce parcours de 290 milles (540 km) le vent a soufflé de 0 à 35 nœuds, de l’ouest à l’est en passant par le sud. Ce sprint a donné lieu à de véritables duels en proto, en série ainsi qu’en « proto-série ».

Protos

À 4h38 ce vendredi, Frédéric Denis (800 – Nautipark) a franchi la ligne d’arrivée de la Mini en Mai en grand vainqueur des prototypes avec une quinzaine de milles d’avance sur son dauphin Luke Berry (753 – Wilde Side). En tête du premier du parcours de 40 milles lundi, « Fred » s’est élancé en premier mercredi et n’a eu de cesse de conforter son avance.

Pourtant, à l’arrivée, il en doutait, « cramé » qu’il était après une fin de course difficile. Privé d’énergie, de pilote, de GPS, de spi et même de ses lunettes de vue, il pensait s’être fait souffler son leadership. Même privé de l’un de ses adversaires régulier, Clément Bouyssou (contraint à l’abandon pour des raisons de santé) et de protos de la nouvelle génération, la belle maîtrise de sa course est prometteuse pour la suite de son parcours en Mini. Ça tombe bien, il ne compte pas s’arrêter là.

Dans son sillage, avec son inimitable « british-touch » Luke Berry (753 – Wilde Side) confirme qu’il faut compter avec lui aux avant-postes du circuit Mini. Le trinitain Axel Tréhin (716 – www.axeltrehin.com) grimpe sur la troisième marche de ce podium grâce à une course intense, négociée au contact, mille après mille, avec une efficace énergie.

Bateaux de série

Ils ne se sont pas quittés du début à la fin. Damien Cloarec (833 – Safe Rail) et Tanguy le Turquais (835 – Terreal) se sont livrés à un passionnant duel qui a finalement tourné à l’avantage du finistérien, sur un joli coup tactique. Aucune erreur n’était permise, la pression était bien réelle tout au long de cet aller-retour entre La Trinité-sur-mer et le pont de l’île de Ré : l’expérience semble avoir fait la petite différence nécessaire… Le Belge Jonas Gerckens (821 – Netwerk), parti en 5e position, a cravaché pour revenir sur les deux leaders : c’était son objectif, mission accomplie. Il signe son premier podium de la saison ! Une fois encore, la bataille de haute lutte qui s’est jouée-là en bateaux de série est gage d’une belle émulation... À noter enfin que les deux premiers bateaux de série sont respectivement arrivés 7e et 9e au scratch.

« Nez ronds » et « nez pointus » ensemble à l’arrivée

Quelques milles avant l’arrivée, des coups tactiques et transitions météo ont provoqué un très intéressant regroupement entre les premiers bateaux de série et les nouveaux bateaux en cours d’homologation (les Ofcet 6.50 et les Pogo 3). Plus rapides, ces nouveaux bateaux ont cependant été rattrapés par les « anciens », qui n’ont plus de secrets pour leurs skippers. Le poids de l’expérience a cette fois fait la différence.


Voir en ligne : Info presse www.snt-regate.org


Retours de #MinienMai2015

Frédéric Denis (800 – Nautipark), vainqueur en proto : « Je ne savais pas que j’étais en tête ! La fin de parcours a été super difficile, je n’avais plus de batterie, plus de pilote, j’ai barré tout le temps. En plus, j’ai cassé mes lunettes et avec la fatigue, je voyais double ou triple ! Et comme j’avais cassé ma sous-barbe, je ne pouvais plus mettre le spi. J’ai douté, je me demandais si certains coureurs n’avaient pas fait le tour de l’île d’Yeu par l’ouest et s’ils n’étaient pas devant moi… Le début de course a été « aérien » ! On a eu jusqu’à 35 nœuds avec une mer très croisée, très dure, le bateau tapait énormément, j’avais mal pour lui. J’ai même été un peu malade. Ensuite, il y a eu une belle pétole, mais celle qui m’a tué, c’est la deuxième, celle d’hier après-midi. Je suis explosé, mais vraiment heureux. Ça fait très plaisir cette première victoire. J’ai encore beaucoup à apprendre. J’ai terminé 2e des deux premières courses de la saison, donc je pouvais viser une belle place. Je me suis toujours bagarré avec Clément, là il n’était pas là, Davy non plus, mais ça fait très plaisir. Ça valide mon projet. Je ne suis pas là en dilettante, c’est un projet engagé. Ça permet de rehausser encore mes ambitions. J’ai appris beaucoup sur ce parcours, notamment dans la pétole, et j’ai encore beaucoup à apprendre : ça promet de belles perspectives. »

Luke Berry (735 – Wilde Side), 2e en proto : « Ca a été court, mais super intense ! C’était génial ! On a eu toutes les conditions, toutes les voiles y sont passées. Et avec la bagarre finale avec Axel sur la fin, c’était parfait ! Je n’ai pas mangé ni dormi depuis mon passage du pont. Le début de course était copieux, j’ai beaucoup mis le pilote. Au pont, j’avais une heure d’avance sur le paquet de quatre bateaux qui me poursuivaient, je pensais être un peu tranquille et, d’un coup, je les ai vu revenir sur moi. Là, toutes mes voiles d’avant y sont passées, deux fois ! Pareil à l’arrivée, j’ai pris un casier et j’ai vu Axel fondre sur moi, il m’a même passé à un moment, j’étais fou ! Mais bon, c’était super et j’ai une grosse pensée pour Clément, il aurait dû être là à se bagarrer avec nous… (Clément Bouyssou, deuxième du pointage de neutralisation lundi, contraint à l’abandon sur blessure, ndlr) »

Axel Trehin (716 – www.axeltrehin.com) 3e en proto : « ça a bien bataillé à quatre jusqu’à hier soir, ça met une bonne pression, mais c’est super usant. À Ré, j’ai joué le courant, j’ai réussi à les décrocher un peu et, après, au large de St Gilles Croix de vie, ça s’est joué sur des choix de voiles. J’ai pu me décoller de ce groupe-là et rejoindre Luke. Ensuite, il fallait faire la route et faire marcher. Je suis vraiment content d’être bien revenu sur la tête de course, je ne me suis pas trompé de rythme. À l’arrivée de la Select 6,50 j’en avais encore sous le pied, ce n’était pas bon. Là, je suis cramé, c’était le but. J’ai tout le temps cherché le meilleur réglage, la meilleure combinaison de voile. Pas question de me ménager ! En revanche, dès le pont de l’île de Ré, j’avais déjà mangé toute ma nourriture… Là, j’ai hyper faim ! »

Damien Cloarec (833 – Safe Rail) 1er en bateaux de série : « On a fait un super match à deux tout le temps avec Tanguy. Je n’ai pas beaucoup dormi, sauf un peu au début, j’étais sous antibiotique, ça m’a fatigué... Après, j’ai attaqué comme un fou et ça a été la bagarre tout le temps ! J’ai été gêné par des algues dans ma quille hier après-midi. Mais je suis super content, j’ai retrouvé toutes mes sensations (la Pornichet Select 6.50 c’était une reprise). Ce matin, je suis passé en tête, j’avais mon schéma tactique en tête et je m’y suis tenu, notamment pour mon dernier bord à terre avant l’arrivée ça m’a permis de confirmer. Mais ça joue vraiment à tr&egra ve ;s haut niveau en tête de flotte ! Face aux nouveaux bateaux, on s’en sort en tactique et en manœuvres, mais en vitesse, ils sont vraiment un cran au-dessus. »

Tanguy le Turquais (835 – Terreal) 2e en bateaux de série : « Sportivement c’était ma plus belle course ! Un super entrainement pour le Figaro !! On a fait une super bagarre avec Damien. C’était top ! On s’est jamais lâché… ça a été « à toi », « à moi » tout le temps. Là, sur la fin, s’il y avait eu une heure de plus je serais revenu sur lui ! Cette nuit, il a eu un nuage avec du vent, il est parti avec. Mais je suis super content pour lui ! Je n’ai pas gagné mais j’ai encore appris plein de choses en gestion de course, stratégie… Avec son niveau, Damien nous tire vers le haut. » C’était l’éclate, ça annonce une saison passionnante avec un match incroyable aussi avec les nouveaux bateaux. »

Jonas Gerckens (821 – Netwerk) 3e en bateaux de série : « Je suis parti en 5e position, mon objectif était donc d’entrer dans le top 3. Je suis à l’aise dans les grosses conditions que nous avons eues au début du parcours. Ça m’a bien aidé pour revenir sur les deux premiers. Ensuite, ces deux-là sont balaises ! J’ai réussi à les rattraper au niveau des Sables d’Olonne, mais je me suis un peu mis dans le rouge. J’ai joué des coups intéressants notamment autour de Ré, mais ça n’a pas suffi. Je suis content, c’est mon premier podium de la saison, c’était mon objectif, surtout sur une petite course où je suis moins à l’aise que sur les longues distances. »

Julien Pulvé (880 – Novintiss), premier des Ofcet 6.50 à avoir coupé la ligne, en 8e proto : « Je découvre encore le bateau, c’est vraiment une nouvelle façon de naviguer, c’est génial ! Plus tolérant et plus fin à la fois : il y a un potentiel incroyable ! On était au coude à coude en permanence avec Ian (Ian Lipinski 866 – Entreprise(s) Innovante(s) ndlr) je n’ai presque pas dormi, c’était d’une intensité incroyable, et le regroupement avec les bateaux de série à l’arrivée a donné lieu à une belle bataille. Le bilan est très positif ! »



A la une